2017.02 February – When in doubt make out

J’en reviens pas de la vitesse à laquelle Février a défilé. Je n’aurais pas rempli mon agenda au fur et à mesure, j’aurais juré que seulement 2 semaines était passées – franchement les 28 jours jamais j’arriverai à m’y habituer, je suis comme les mamies qui râlent du temps en allant acheter leurs tulipes.

Autant de livres que de Gins ce mois-ci, c’est pas peu dire. J’ai profité du fait que Remedios ait besoin de quelques photos de son nouveau bar pour goûter environ tout ce que je voyais passer : les tapas sont largement validés et les Gins je ne sais pas, je ne sais plus, j’étais trop occupée à danser sur Jennifer Lopez.

J’ai acheté 3 livres en pages cartonnées épaisses au PIF à la librairie pour le crapaud :
Magali Le Huche – Doudou cherche bébé // Oui oui oui : gros coup de coeur ! L’histoire est mignonne comme tout et j’ai aimé que (pour une fois dans un livre bébé) ça soit le papa qui représente la figure parentale et qui fasse les câlins et le coucher du bébé.
Jean Leroy – Les orteils n’ont pas de nom // Tout est bon pour chatouiller les orteils, encore plus si y’a des couleurs, des chiffres et des livres. Très bien fait !
Patrice Killoffer – Léon l’étron // NON NON NON NON NON. C’est un livre pour enfant ? Franchement j’ai eu un vrai doute. Je suis une grande fan des livres pipi caca (me jugez pas) mais jamais de la vie je ne lirai à ma fille un livre dont l’histoire est : le caca pue, il est différent et n’a pas d’amis, il n’a d’autre choix que de se SUICIDER. FRANCHEMENT ILS SONT SERIEUX ? Je suis énervée rien que d’y re-penser.

La vie est parfois bien faite : j’ai acheté un sweat Maison Labiche brodé trop mignon à Edie et le même jour je recevais ma commande It Fils Good. Il me tarde bien l’été pour ne plus cacher mes t-shirts cools sous des gilets et des sweats, ça devient vraiment trop frustrant à force cette histoire.

En parlant d’histoire (TOP3 de mes pires transitions) : je remercie fort Marion de m’avoir conseillé le livre Edie de Sophy Henn qui m’a mis un grand grand sourire <3

Remedios donnant un cours sur le Gin (oui, c’est une obsession) ce soir-là, je ne pensais vraiment pas faire la St Valentin (et surtout, on ne la fête jamais donc bon). Mais comme la vie est pleine de surprises, la chambre rouge de l’hôtel de l’Opéra était assortie aux paillettes de ces boots Saint Laurent qui m’ont quasiment valu un malaise vagal de surprise et de bonheur. Franchement, elles mériteraient un collage de tout ce qu’elles m’inspirent et autant de gifs qui brillent de mille feux.

J’ai reçu ma commande chez l’artiste Victoria Villasana et WOW j’ai envie d’en parler au monde entier. Je la suis sur instagram depuis des années quand il y a 5 ou 6 ans ma copine Gisèle Price était partie à sa rencontre en Argentine pour parler mode et DIY.

J’ai eu un coup de coeur pour ce tableau People Have The Power qu’elle a fait après le 11 Novembre et il m’a fallut tout ce temps pour passer le pas et commander. Il faut compter environ un mois entre la commande et la réception (forcément, le Mexique ça n’est pas la porte à côté) et vous pourriez être un peu surpris en déballant le colis : la photo non encadrée ne paye vraiment pas de mine et les finitions au dos sont un peu roots au gros scotch. J’ai acheté un cadre profond à 30€ et fait le passe-partout moi même sur mesure. TADAAAAAM. Une fois encadré, le résultat est vraiment bluffant et on oublie vite le désemballage du colis.

Woop Woop ! J’ai réussi à tenir le rythme de lecture de Janvier !

Léon Tolstoï – Anna Karénine Tome I // J’AI FINI LE TOME I ! Je vous jure, j’ai envoyé des photos de la page finale à tout le monde tellement j’étais fière. J’ai ADORÉ les personnages et la description de leurs sentiments, mais j’ai eu besoin d’une petite pause avant d’enchaîner le Tome II pour ne pas avoir eu l’impression de n’avoir lu que Tolstoï pendant tout le mois.
Aude Picault – Idéal Standard // Une très belle surprise, j’ai souri et chouiné devant cette bd vraiment criante de vérité. Entrecouper les récits du quotidien de cette trentenaire par des scènes en unité néonatale avec des prématurés était une idée géniale pour le rythme (et nous faire chouiner).
Guillaume Bouzard – Jolly Jumper ne répond plus // Remedios l’a lu le premier et m’a dit de le lire vite, je l’ai lu en éclatant de rire plus d’une fois et je l’ai filé à un copain qui m’a dit qu’il était beaucoup trop court vu comme il était drôle. LISEZ LE.
Carene Ponte – Trois Femmes // NON. Non non non. OK c’est de l’autoédition mais franchement une faute toutes les 5 lignes moi ça me coupe tout. Du coup je ne suis pas rentrée dans l’histoire du tout, j’ai fini le livre énervée de ne pas avoir passé un bon moment et je me suis jetée sur une valeur sûre : SAGAN.
Françoise Sagan – Le Lit Défait // Qu’est ce que j’aime son écriture bon Dieu ! Honnêtement j’aurais aimé que ce livre ne finisse jamais tellement j’étais plongée avec eux dans leur chambre bleue décrite à la perfection.
Pénélope Bagieu – Culottées Tome II // Aussi bien que le Tome I ! J’aime particulièrement que tout ces portraits soient aussi différents les uns des autres, et surtout c’est une vraie découverte à chaque fois. Je ne sais pas combien de tomes Pénélope Bagieu a prévu de faire, mais ça sera un régal à donner à Edie dans 10 ans.
Satanisme et Sorcellerie dans le Rock – Histoire d’un mythe // Bof. Je n’ai rien appris (sauf les 20 premières pages sur le blues que j’ai adorées, mais bon y’a eu 230 pages après quoi) et j’ai passé des heures à me demander « mais putain comment ils font pour lire les vinyles à l’envers ces zinzins ? ».
Poppy Z. Brite – Coupable // J’ai rarement fait des rêves aussi bizarres après mes lectures, en ce moment après chaque chapitre c’est le Freak Show dans mon inconscient. Ca se lit tout seul et c’est un vrai plaisir à dévorer (mais vraiment NSFW, pour ne citer que deux temples : Poppy Z. Brite y imagine des relations sexuelles entre John Lennon et Paul McCartney, ou encore entre elle et William S. Burroughs mort)(je ne sais pas s’il faut dire elle ou il pour parler de l’auteur, mais vu que dans le livre c’est le féminin qui est utilisé, je vais suivre sur ce coup-ci)

Vogue – Women Rule !

Anna, tu trouveras ci-joint une proposition de collage pour améliorer un peu ta couverture assez nulle. N’hésite pas à m’envoyer un email, j’ai un peu de temps là c’est la sieste de la gosse. Bisous.

It gets better

Il y a 10 ans jour pour jour mon monde a basculé.

Le 16 février 2007, immortalisée par des paparazzis qui n’en ratent pas une miette, Britney Spears se rasait complètement la tête, l’air hagard. Je dis l’air hagard mais j’ai beaucoup hésité avec « le regard vide / désespéré / perdu ». J’avais 21 ans et une de mes idoles appelait à l’aide en boucle dans les journaux télévisés et en couverture de tous les magazines.

Plus tard on a eu ce meme incroyable qui résumait bien mon état :

Honnêtement j’aurais pu être lui si j’avais eu des rideaux dans mon petit studio de l’époque.

Oh Britney comme tu m’as brisé le coeur avec ton regard perdu là. Tout est glauque dans cette nuit : le jogging du dimanche, le salon de coiffure cracra et l’enchainement sur un salon de tatouage encore plus cracra. Il n’y a rien de réfléchi, il y a juste du désespoir et ce qui ressemble à une tentative ultime de se réapproprier son corps. On a déjà toutes été tristes à pas pouvoir se saquer dans le miroir « et si je faisais une frange ou une couleur ? Ca changerait tout ? » IMAGINEZ le dégoût qu’elle devait ressentir pour en arriver à se raser la boule à zed là comme ça avec ce regard là. Tout le monde était d’accord : elle a pété un plomb. Et c’était aussi fascinant que creepy à regarder.

Et comme si c’était pas assez il y a eu la perte de la garde de ses enfants, le playback de Gimme More aux MTV Awards, les perruques mal mises, les hospitalisations et Adnan Ghalib.

C’était comme regarder un accident de voiture au ralenti sans pouvoir détourner les yeux.

Franchement c’était pas évident d’être fan de Britney Spears pendant les années qui ont suivi. On attendait le fameux comme-back à chaque album et tout ce dont les gens parlaient c’était ce rasage de tête – ça avait même cartonné en déguisement d’Halloween ! Spoiler : le come-back a mis du temps à arriver, ses choix de copains ont été de pire en pire et son regard était de plus en plus désespéré dès qu’on la mettait dans la lumière.

Les torrents de sanglots devant ce documentaire.

C’était vraiment dur à regarder, comme une copine avec qui on a grandi qui s’enfonce dans la mauvaise direction et qui ne veut pas écouter nos conseils. Britney m’aura appris ça : le déclic ne peut venir que de la personne et on ne peut rien faire d’autre qu’être là toujours et lui laisser la place de faire son chemin.

Pourquoi Britney Spears a réussi son come-back alors qu’on attend toujours celui de Lindsay Lohan ou Mischa Barton ? Son instagram, ses interviews et ses paparrazades me poussent à penser que c’est grâce à sa famille, le noyau qui lui donne sa stabilité, c’est son socle. (et pardon mais quand on voit les parents de LiLo, on peut toujours attendre). Je pourrais presque la comparer à une autre starlette qui s’est battue contre une maladie à la même époque : je suis persuadée que ses enfants ont joué pour beaucoup pour faire reculer l’anorexie de Nicole Richie.

10 ans plus tard, ce conte de fée moderne (sans prince charmant) a inspiré des centaines de mugs pour notre génération et me remonte le moral à chaque fois que je regrette une coupe de cheveux ratée, quelques kilos en trop ou une vidéo de moi chantant Céline Dion après avoir bu trop de Buds : IT GETS BETTER. Comme disent les mugs : si Britney a survécu à 20017, tu peux survivre à cette journée.

Merci pour ça Britney.

ET SHAME ON YOU KATY PERRY DE TE MOQUER 10 ANS APRES POUR LANCER UN SINGLE NUL. SHAME SHAME.

PS : j’aimerais vraiment terminer cet article par un gros clin d’oeil à Elise Costa, celle qui n’a pas rencontré Britney Spears et avec qui je peux en parler des heures. It Gets Better, tout s’arrange : nos cheveux, nos sourcils et notre peau qui brille de bonheur au concert de Britney en 2009.

The Future is Female

Ca fait quatre jours que j’essaye de sortir cet article et que je me retrouve à regarder des jeans avec des tigres brodés sur Topshop ou des gifs de Mariah Carey. Quand ça veut pas hein.

Je me lance.

#LIKEAGIRL

J’ai eu une grossesse assez marquée par le féminisme à lire des bouquins comme How to Build a Girl de Caitlin Moran ou des biographies de rockeuses à la pelle en l’imaginant digne descendante de Dolly Parton ou Debbie Harry. C’est pas moi, c’était les hormones.

J’effacerai ce paragraphe si un jour j’ai un garçon mais la vérité c’est que j’ai pleuré de bonheur quand j’ai su que nous attendions une fille. J’étais terrifiée à l’idée d’éduquer un ado avec des chaussettes sales partout et un début de moustache… alors que bon une fille ok – j’ai fait la totale à mes parents : des portes qui claquent aux sorties à l’Aposia en cachette en passant par les cheveux roses et le piercing Britney Spears au nombril. C’est bon je connais, ça me fait moins flipper que l’inconnu avec sa voix qui mue. Pourtant Dieu sait que j’aime tous les petits garçons qui m’entourent, mais je ne l’explique pas je me vois avec une tribu de petites meufs ¯\_(ツ)_/¯

Bref, j’étais heureuse, confiante, high on life et PAF il y a eu cette pub qui passait sans arrêt :

J’ai passé 9 mois à pleurer devant une publicité pour serviettes hygiéniques.
De vrais gros sanglots sans m’arrêter, le coeur brisé par ses filles qui passent de courir de toutes leurs forces à faire semblant de ne pas réussir à courir en talons. C’est bien ça qu’ils imitent ? D’ailleurs c’est faux, la meuf du Jurrasic Park de 2015 a survécu aux dinosaures en talons hauts.

Evidemment que c’est juste du (très bon) marketing mais il n’empêche que le fait est là et que je tuerais pour qu’Edie ne passe jamais cette frontière où faire quelque chose comme une fille devient une insulte, une faiblesse. Pas encore née, je ne voyais pas vraiment comment contrôler cette crainte (malheureusement très fondée quand on voit l’actualité mondiale) et me rassurer. En plein dans la peinture bleue de sa chambre, on a décidé de remplir ces murs de phrases et de chansons qu’on trouvait cools pour que ses premières inspirations ne soient pas forcément liées à un prince charmant qui la sauverait, l’épouserait et lui ferait beaucoup d’enfants.

Petite aparté : c’est fou comme on est plein de bonnes intentions et d’idéaux au début. J’ai passé les deux premiers mois à lui chanter Love Me Tender comme berceuse en mode « génial ça sera trop cool quand elle s’en souviendra » – 6 mois plus tard j’ai déjà chanté 3 fois Pirouette Cacahouète aujourd’hui en tapant dans les mains comme une neuneu.

Comme pour le moment c’est encore moi la chef de la décoration, on continue sur cette voie et je suis la plus heureuse du monde à chaque fois que je rajoute une pierre à l’édifice avec de nouvelles images !

Les hormones et les pubs de serviettes hygiéniques diminuant, j’ai pu calmer mes angoisses. Sauf que d’un coup je suis tombée sur cet article : 6-Year-Old Girls Already Have Gendered Beliefs About Intelligence.

En gros gros résumé, une étude a prouvé qu’à partir de six ans les petites filles pensent que les hommes sont naturellement plus intelligents et plus doués que les femmes, elles ont même tendance à laisser les jeux de réflexion aux garçons. J’ai eu le coeur en miettes en lisant ça. SIX ANS ! Mais enfin, à quel moment on bascule comme ça ?

HERO

Rebecca S. Bigler, professeure de psychologie à l’Université du Texas à Austin, a expliqué que les stéréotypes se développent au tout début de l’école primaire, lorsque les élèves sont exposés à de célèbres scientifiques, compositeurs ou écrivains, ces « génies de l’histoire » qui sont la plupart du temps des hommes. « Il faut ensuite expliquer aux enfants que des lois ont été adoptées expressément pour empêcher les femmes de devenir ces génies de l’histoire et des dirigeantes », croit la professeure Bigler. (sources)

Des lois pour empêcher les femmes de voter / ouvrir un compte en banque sans la signature de leur mari / porter des pantalons / avorter / faire certains métiers d’homme. Et on va répondre quoi quand les gosses vont nous demander « et pourquoi ? ». Qu’est-ce-que j’en sais moi pourquoi ces lois ont existé ? J’aimerais pouvoir répondre que c’était il y a très très longtemps ma chérie, et que les hommes étaient vraiment cons à croire que la terre était plate, que les personnes noires étaient des esclaves sans valeur et les femmes des sorcières mais c’est cool c’est fini maintenant mon coeur !
J’adorerais lui répondre ça, mais ça serait un mensonge encore plus gros que le Père Noël. J’ose même pas imaginer les conneries que va pondre Trump et qu’on va devoir expliquer à nos enfants devant les actualités.

Je m’énerve toute seule devant ma télé et je n’ai pas vraiment de réponse à ce bordel.
Tout ce que j’ai trouvé comme action concrète (autre que lui mettre un body GRL PWR ahah) pour essayer de contrer ce stéréotype horrible des hommes plus intelligents c’est de me préparer à la bombarder de femmes fortes, différentes et exceptionnelles.

Evidemment elle n’a que 8 mois, j’ai tout le temps qu’il faut devant moi pour moi-même m’éduquer, m’instruire (m’inscrire à la médiathèque) et découvrir chaque jour de nouvelles meufs. Et wow y’a du boulot parce que je suis une grosse privilégiée blanche qui a 1000 choses à apprendre des autres. J’espère dévorer un million d’articles et de livres (jeunesse ou non) sur le sujet et vous pouvez vous attendre à ce que – forcément – ça se reflète ici.

On va pas se voiler la face, des deux c’est largement pour moi que je le fais et je n’ai aucune idée de si ça jouera ou pas sur son futur et sa confiance en elle. L’avenir nous le dira et je ne vise rien de foufou, elle pourra bien aimer les histoires de princes charmants ou La Reine des Neiges plus tard je m’en fous pas mal, j’aimerais seulement qu’elle sache qu’elle aura tous les choix possibles, toutes les voies ouvertes.

(surtout celles de la chanson Country, soyons honnêtes)

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