novembre 2015 archive

Eagles of Death Metal – Save a Prayer

J’étais à Barcelone ce week-end pour trois jours entre filles à jouer au Time’s Up en pyjama en s’enfilant des patatas bravas. Sans télé, journaux et avec le wifi par intermittence on a été relativement épargnées par les images horribles de ce vendredi 13, mais pas épargnées par le stress de joindre nos proches parisiens et par la douleur de voir le bilan s’alourdir d’heures en heures.

Je ne sais pas vraiment comment réagir face à tous ces sentiments qui me submergent. Il y a évidemment la peur pour les parisiens, l’incompréhension qui persiste, le dégoût, la tristesse pour les personnes touchées. Mais surtout qu’il y en a un nouveau sentiment qui est arrivé sans crier gare et pour lequel je n’étais pas vraiment préparée : une peur de l’avenir qui me prend aux tripes. C’est quoi ce monde pourri dans lequel va naître mon bébé ?

J’imagine que c’est l’instinct parental ce truc qui me retourne le ventre (je ne dis pas maternel car ça a aussi été la première réaction de Rémi, et jusqu’à preuve du contraire c’est pas lui qui se tape les nausées)(enfin si mais ça s’appelle des gueules de bois) et cette peur du futur me tétanise complètement. On en est à parler de déclarations de guerre partout, alors quoi mon bébé va naître dans un pays en guerre ? On est égoïstes d’avoir voulu plus que tout au monde enfant qui va grandir dans ce bordel ? Rajoutez à mes doutes les discours des politiques, les analyses de tout le monde sur twitter et vous me retrouverez en larmes à hurler que je ne veux pas accoucher d’Anne Frank. C’est ridicule, c’est les hormones.

Enfin voilà. Le retour à la réalité cette semaine est pas fastoche mais il faut bien continuer. Alors continuons et construisons un cocon.

Du coup j’ai lu cette planche de Terreur Graphique, je me fais des compils de rock à faire écouter à mon ventre et je chante fort sur Patti Smith – People Have the Power dans mon canapé sous trois plaids.
Et ça va mieux un peu.

Je réalise bien que c’est la pire façon d’annoncer ma grossesse ici, j’avais imaginé plein de gifs drôles mais aujourd’hui il fallait que j’écrive, que je déballe cette angoisse pour m’en défaire et c’est sorti comme ça.

La vérité c’est aussi que ce bébé qui grandit dans mon ventre (et dans mes seins et dans mon cul apparemment) me donne un optimisme incroyable : rien à foutre de Daesh nous on est en train de construire un être humain et ça c’est le truc le plus zinzin du monde ! 

Et puis j’aimerais retenir de Novembre 2015 que j’ai senti des coups de pieds dans mon ventre pour la première fois plutôt. Ou que je vais bientôt dépasser Lolo Ferrarri en bonnets et qu’on a des Nike Jordan nouveau né qui trônent au milieu d’une chambre vide qu’on va repeindre le mois prochain (salut les boards Pinterest). Je n’irai pas jusqu’à dire #notafraid, mais quand même quand je touche mon ventre en me basculant sur mon nouveau rocking chair, je me dis que je suis un peu confiante en l’avenir. Et puis écoutez je profite le plus que je peux de chaque instant maintenant, dans quelques mois mes fesses passeront sûrement au travers.

Voilà, vous savez tout comme ça.

Je sais pas si le bonheur peut être contagieux ou pas (j’aimerais vraiment vous en refiler un morceau à tous à travers l’écran) mais en tout cas 2016 devrait être une grande année pour nous. Tellement grande qu’elle fait 366 jours. Et sur ces 366 jours, le bébé est prévu pour le jour de mon anniversaire.
Déjà que je sens que mes chats et mon mari vont n’avoir d’yeux que pour ce petit être, même mon anniversaire elle va me le piquer…

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(merci à Charlotte Gayraud pour cette photo prise dans notre ascenseur de Barcelone)